Catégorie : Termes du Kendo

« Le Seme efficace » (traduction)

Entretien de MIGITA Shigeaki sensei, Kendo Kyoshi 8e dan, sur le thème du seme, suivi de réflexions personnelles de l’interviewer sur les notions abordées.

Propos recueillis et traduits en anglais par Tóth Balázs, Kendo 5e dan, membre de l’équipe nationale de Hongrie, dans le numéro d’Avril 2018 de Heihó Magazin, et auteur du site Kendó kultúra : https://kendo-kultura.hu/en/

Traduit de l’anglais par Roland Haroutiounian

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« Je suis un deshi »

(Texte original : http://kenshi247.net/blog/2011/03/25/i-am-a-deshi/, traduit de l’anglais par Roland Haroutiounian)

Même si le Japonais n’est pas notre langue première, nous utilisons couramment dans le domaine du Kendo le terme japonais « sensei » dans le sens de professeur. Qu’en est-il de la deuxième moitié de l’équation, l’élève ? Je n’ai pas souvenir d’un quelconque terme japonais utilisé dans la dizaine de pays et plus dans lesquels que j’ai eu la chance de pratiquer le kendo.

Traditionnellement, quand quelqu’un rejoint un dojo, il existe deux termes utilisés pour exprimer la notion d' »élève » : monkasei (門下生) et deshi (弟子). Il en existe d’autres (ex: 門弟 ou 門人) mais on utilise principalement ces deux-là. A moins de faire partie d’un dojo koryu, ou de lire et regarder un animé/manga, vous ne croiserez probablement jamais le premier terme. Le second, en revanche, est toujours utilisé — certes peu fréquemment — de nos jours dans la communauté japonaise du kendo.

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La signification du Tanren : au-delà d’un entrainement (traduit de l’Anglais par Roland H)

La signification du Tanren : au-delà d’un entrainement

Entraînons-nous durement ! La pratique commence dès le suburi avec un kiai puissant. Tous les pratiquants sont remplis d’une énergie positive. Mais quelque chose manque … quelque chose de réellement important … C’est le sens de TANREN.

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Shugyō (修行)

Shugyō (修行)

Les Japonais ont 6 mots pour décrire l’intensité de l’entraînement quelle que soit l’activité pratiquée : keiko, renshu, shunren, tanren, kufu et shugyo. Les 4 premiers peuvent être traduits respectivement par : pratique, entraînement, discipline et forgeage (travail). Il n’y a pas de traduction adéquate directe possible pour les deux derniers. Shugyo est l’entraînement spirituel le plus profond. Dans ce travail, deux voies peuvent être suivies, la première est celle qui consiste à entraîner l’esprit (kokoro) et la seconde à entraîner le corps (katachi). Affiner son être dans le shugyo est comparable à l’action de forger une épée à partir d’un minerai de fer brut. Le feu, l’eau et le fer sont sans cesse mêlés les uns aux autres sous les coups du marteau jusqu’à créer le tranchant de la lame. Il faut garder à l’esprit les principes Shu, Ha, Ri, et être obstiné dans sa quête de la maîtrise des fondamentaux (kihon), de sorte que l’esprit, le corps et l’arme deviennent une seule entité. Si l’on étudie en détail les kanjis composant ces caractères (Shugyo), on peut trouver « Shu », qui peut être compris comme « pratiquer » ou « participer à l’étude »; et « Gyo », qui peut être compris comme « jonction » ou « croisement ». Par conséquent, il s’agit de persévérer au moment où l’on arrive à un choix entre abandonner et continuer sur la Voie. Shugyo est la méthode de polissage de l’esprit et du corps au moyen d’un entraînement rigoureux. En orientant son entraînement dans ce sens, un pratiquant a la possibilité non seulement d’améliorer ses aptitudes physiques mais aussi la force mentale et la stabilité qui lui permettront d’affronter les obstacles de la vie.

Le dojo n’est pas un endroit où l’on se réfugie pour se cacher ou échapper aux difficultés de la vie, mais c’est l’endroit où chacun découvre celui qu’il est réellement et ainsi se donne pour but d’améliorer son caractère et d’apprendre à faire face à la vie réelle. Si un homme veut se connaître, il doit se tester; personne ne peut découvrir ce qu’il peut réaliser à moins d’essayer. C’est le fondement de Shugyo, un entraînement austère dans lequel les limites de l’endurance et de la performance physique sont surpassées, où seules la force de caractère et la volonté de l’esprit nous poussent à avancer. Essayer et se tester sont la marque des bonnes personnes. Sans Shugyo, toutes les réalisations paraissent inatteignables. La posture naturelle du corps ne sera pas développée, de même que les structures de l’esprit n’émergeront pas de l’Inconscient; et la personne régressera sous la pression vers des fonctionnements égoïstes. Si une personne s’entraîne avec pour objectif ultime d’atteindre l’illumination, la frustration et le désespoir sont inévitables car la Voie est sans fin. Mais si l’on accepte la vie comme un shugyo, que l’on assimile la chance et la malchance à des effets du karma, et que constamment on améliore notre souffle, notre posture et notre conscience, alors un jour nous pourrons de manière limpide comprendre le sens véritable des mots de Maître Dogen, « L’entrainement est illumination, et l’illumination est entraînement ». Le principe fondamental de ceci est de prendre conscience de qui nous sommes réellement.

Par conséquent, il est de la plus haute importance de garder à l’esprit que l’on ne doit jamais abandonner les efforts. Au fur et à mesure qu’il progresse dans la pratique, il arrivera un moment où le budoka remettra en cause sa progression, ou la raison qui le pousse à continuer dans un art ou une voie qui n’est pas populaire et qui par moment peut paraître vague ou obscur. Il peut y avoir des moments où il va se confronter à l’envie d’abandonner quand les exigences du travail, un(e) époux (se), ou les douleurs de l’âge vont devenir plus fortes. Ces doutes ne concernent pas les débutants pour qui tout est très excitant. Mais pour le pratiquant qui a réalisé des milliers de coupes pour affiner sa technique, il s’agit d’une question profonde et importante. C’est à ce moment qu’il comprend que le chemin du budo est extrêmement difficile; c’est un chemin qui ne porte pas les récompenses de la gloire et de la fortune. Il pourrait vouloir arrêter mais il ne le peut pas, cela fait partie intégrante de sa vie et il poursuit dans l’esprit du shugyo.
Le but de la pratique du budo n’est pas la technique ou la force physique. Nous continuons dans notre pratique malgré les obstacles de la vie, les hivers et étés rudes, et les blessures, parce que nous avons acquis la connaissance de notre véritable nature. Un engagement sincère dans la pratique du Budo nous fournit une rare opportunité de faire face à notre propre personne. De ces rencontres, quand l’ego est chassé, nous réalisons ce qu’est l’essence du Budo (武道), la voie. Nous pratiquons pour affiner et polir notre caractère et notre esprit. Au fur et à mesure de notre progression, nous comprendrons le sens de l’expression : « quand le cœur n’est pas vrai et correct, le sabre ne sera pas vrai et correct ». L’avancement dans l’âge et dans le grade doit s’accompagner d’une progression dans le caractère, la maturité et le développement en tant que personne, une créature de l’univers. Notre pratique continue sur ces voies permet de préserver un joyau culturel, de nous développer, et tendre vers la réalisation de notre potentiel. Ainsi, le budoka acquiert un esprit plus fort, même si la vigueur de la jeunesse tombe gracieusement comme les fleurs de cerisier à la fin du printemps.

Article sur le SEME par Masao SAKUDO Senseï (83/84)

Version anglaise:

Seme #2: Sakudo Masao

Already well known in Japan, Osaka sports universities Sakudo sensei is becoming more and more well known outside of the country nowadays, so I thought I’d dig out a piece of kendo literature by him to share with kenshi247 readers. Here is a translation of a short description of ‘seme’ that was originally published in a Kendo Jidai article series called “Mei senshu, renma no hibi” (originally serialised in 1983-84). The series was published in a two book format called “renma no hibi” in 1989. At the time Sakudo sensei was still only kyoshi 7dan (now he is hanshi 8dan).

See Seme #1 published in 2008.

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Article sur le « san satsu ho » et « mittsu no sen »

Kendo World 6.2 (Kendo World Volume 6) (Alexander Bennett) – traduit de l’anglais par Roland Haroutiounian.

Ecrit par Robert D. Stroud , 10 avril 2005, pour compléter la section écrite des exigences de l’examen pour le rang de 7e dan de kendo. Dans cet article, le concept  de san-satsu-hō (san-sappō) va être expliqué, suivi du mittsu-no-sen, et enfin la façon dont ces deux concepts peuvent être liés et utilisés dans le keiko.

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Mokuso

MOKUSO
Quelques remarques intéressantes sur le Mokuso, qui signifie littéralement « penser en silence », et que j’extrais du numéro du mois de Juin de la revue Kendo Nippon:
Les origines exactes du Mokuso ne sont pas connues. Il semble que le Mokuso ait été introduit dans le Kendo vers 1898 (voilà encore quelque chose qui va décevoir ceux qui pensent que Miyamoto Musashi bouffait du Mokuso à son petit déjeuner) et qu’il n’existait pas auparavant. La position du Mokuso diffère notablement de la position adoptée en Zen (en Kendo le Mokuso se pratique en Seiza, alors qu’en Zen la position assise est « en tailleur ») sans qu’on connaisse les raisons exactes de cette différence.
Les buts du Mokuso sont exprimés par l’expression « Kokyu wo totonoeru, kokoro wo totonoeru » dans laquelle Kokyu est la respiration, Kokoro le cœur, l’esprit, et le verbe Totonoeru signifie arranger, ajuster mais aussi préparer. Bref aux ambiguïtés près de la langue japonaise il s’agit d’ajuster sa respiration et de se préparer mentalement. « Ajuster sa respiration » : ce qui est important c’est de se concentrer sur sa posture (la corriger) et sur sa respiration.

Mon premier professeur de Kendo (Hanshi 8 dan) ne donnait d’ailleurs pas l’ordre « Mokuso », il annonçait « Shinkokyu 10 kai » (« 10 respirations profondes »), voire « 20 kai » ou même « 30 kai ». Respirer régulièrement est en général un exercice recommandé pour se détendre. De ce point de vue il constitue une excellente introduction à une séance d’activités physiques intenses. « se préparer mentalement » : beaucoup de pratiquants se demandent à quoi penser pendant le Mokuso.

L’expérience montre que si on se concentre suffisamment sur sa respiration, il est difficile de penser à quelque chose, mais c’est un exercice difficile. De façon générale on peut penser à ce que l’on veut, l’idée générale étant en quelque sorte de « purger » son esprit pour aborder le geiko dans l’etat d’esprit que les Japonais appellent « Mushin » (sans sentiment). Après le Keiko on pourra réfléchir au Keiko qui vient de s’achever, et essayer d’en tirer quelques leçons ou sujets de réflexion. JJ. LAVIGNE (2001)

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