Étiquette : Sakudo sensei

1er Séjour SAKUDO Senseï en France 1988

Traduction de la conférence de SAKUDO Senseï « Kenshinkyoraï 2014 »

CONFÉRENCE DE SAKUDO SENSEÏ
KENSHINKYORAI 2014 A MARSEILLE

Sakudo Senseï rappelle qu’il a eu de nombreux maîtres qui l’ont guidé et nous cite en particulier Yuno Masanori Senseï avec lequel il a passé beaucoup de temps avant ses quarante ans et qui a eu une grande influence sur lui.

Il veut aujourd’hui nous transmettre un enseignement qu’il a reçu de maître Yuno à propos du Kendo.

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Sakudo Senseï au « Kyoto Taïkaï »

Article sur le SEME par Masao SAKUDO Senseï (83/84)

Version anglaise:

Seme #2: Sakudo Masao

Already well known in Japan, Osaka sports universities Sakudo sensei is becoming more and more well known outside of the country nowadays, so I thought I’d dig out a piece of kendo literature by him to share with kenshi247 readers. Here is a translation of a short description of ‘seme’ that was originally published in a Kendo Jidai article series called “Mei senshu, renma no hibi” (originally serialised in 1983-84). The series was published in a two book format called “renma no hibi” in 1989. At the time Sakudo sensei was still only kyoshi 7dan (now he is hanshi 8dan).

See Seme #1 published in 2008.

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Discours de Sakudo Senseï Kendo Hanshi 8è dan concernant le Kangeiko

Kendo World 6,2 (Kendo World Volume 6) (Alexander Bennett)

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Sakudō Masao (8e dan Hanshi). L’article qui suit est une transcription d’un discours que Sakudō Masao-sensei a prononcé lors du 24e séminaire international de la culture Budo en Mars. Le développement du budo, une forme de la culture traditionnelle japonaise, est intimement lié au climat et aux caractéristiques physiques de l’archipel Japonais. Le Japon est un pays long, s’étirant de Hokkaidō jusqu’à Kyūshū. Il est montagneux avec un grand nombre de rivières, et est entouré par l’océan. Il est gratifié par les quatre saisons, le printemps, l’été, l’automne et l’hiver. Il est décrit comme « un pays magnifique encapsulé par le printemps et l’automne. » Ces deux saisons sont extrêmement tempérées. En revanche, il se produit des pluies torrentielles et des typhons l’été, et l’humidité de cette partie de l’année est très grande, ce qui peut rendre inconfortable cette période. En hiver, il y a de fortes chutes de neige. Avec les événements de l’année dernière, il est évident de constater que le Japon est une terre de séismes, de typhons, de volcans et de conditions climatiques sévères. En vivant dans cet environnement, le peuple japonais a traditionnellement adoré la nature avec une croyance polythéiste suivant laquelle les divinités résident dans chaque chose.

Les pratiquants du budo s’entraînent en accord avec les quatre saisons. Le printemps et l’automne sont des périodes plaisantes de l’année pour le keiko (l’entraînement). Nos ancêtres ont beaucoup réfléchi à la manière dont l’entraînement pourrait être organisé en fonction des rudesses climatiques de l’été et de l’hiver. C’est la raison pour laquelle nous avons le kan-geiko et le shochū-geiko respectivement aux périodes les plus froides et les plus chaudes de l’année. De nos jours, à travers le Japon, des hommes et des femmes de tout âge veillent à leur travail quotidien ainsi que leurs devoirs familiaux tout en s’entraînant dans un dojo local. Dans les écoles, le budo est aussi pratiqué dans des clubs de tout niveau au Japon , et à partir d’Avril 2012, c’est devenu une matière obligatoire en cours d’éducation physique au lycée. Il est malheureux de voir que dans les clubs scolaires, les étudiants sont généralement en interaction à travers le budo avec des personnes du même groupe d’âge. De plus, ils s’entraînent tout au long de l’année pour des tournois, ce qui soulève le problème de la compétitivité manifeste. De là découle la pensée selon laquelle la victoire est l’objectif ultime, et le risque que le kendo passe d’un mode de vie à un sport de combat dans lequel gagner est l’unique préoccupation. Les idéaux de « seiryoku-zen’yō » (utilisation de l’énergie avec une efficacité maximale) et « jita-kyōei » (bénéfice mutuel pour soi-même et pour les autres) adoptés par le fondateur du judo, Kanō Jigorō, vont être perdus alors que le budo tombe dans le domaine de l’égocentricité. Alors que le flux de compétitivité progresse, je pense que les divers arts du budo doivent mettre en œuvre des efforts intensifs pour s’assurer qu’il ne transmettent pas aux gens de dispositions égoïstes.

A la lumière de ces éléments, je voudrais parler de l’entraînement spécifique en accord avec les quatre saisons citées précédemment.

 

Le Kan-geiko (entraînement du milieu de l’hiver) et le Shochū-geiko (entraînement du milieu de l’été) accueillent des pratiquants de tous âges et de tous sexes. Trois générations, de degrés de compétences variés, peuvent prendre du temps sur leur planning quotidien pour s’entraîner ensemble dans un exercice difficile de développement personnel. La signification du kan-geiko et du shochū-geiko est que les gens de tous âges et expérience peuvent enseigner et apprendre des autres. C’est quelque chose que nous devrions tous reconsidérer. Au milieu de notions variées comme « devenir plus fort avec l’âge », « le kendo durant toute une vie » et « la théorie orientale esprit-corps », les jeunes collégiens et lycéens développent leur perception par l’entraînement avec des senseis qui sont beaucoup plus âgés qu’eux. L’interaction inter-générationnelle est un aspect très important de tous les arts du budo. J’ai réfléchi pendant presque quatre décennies sur la façon dont le kan-geiko et le shochū-geiko peuvent être construits pour bénéficier au mieux aux étudiants.

Durant mes neuf années passées à travailler à Tokyo, mon meilleur souvenir est une expérience vécue au lycée Hibiya qui avait un club de kendo comptant environ trente membres. Je donnais des cours au lycée deux fois par semaine, et les étudiants m’ont dit qu’ils voulaient réellement faire le kan-geiko. Le lycée Hibiya est axé sur le fait d’amener les élèves vers les universités de haut niveau, et ceux-ci avaient des examens d’entrée très importants au printemps. Au début, je n’ai pas réellement compris ce que pouvaient être leurs motivations, mais ils ont insisté pour faire le kan-geiko, et j’ai accepté à condition que chacun d’eux fasse l’effort d’amener un de ses camarades de classe. J’ai pensé que s’ils amenaient un ami et qu’ils transpiraient ensemble en faisant du kendo au kan-geiko, cela pourrait encourager des amitiés plus fortes, et au final avoir un effet positif sur leurs études et leurs examens imminents. Quand on l’a fait, nous avons eu plus de 120 participants la dernière journée.

Ensuite, je fus nommé à un poste à l’Université des sciences de la Santé et du Sport d’Osaka. L’université n’avait alors pas de dojo, et le club de kendo ne comptait qu’une vingtaine de membres. J’ai pensé être venu dans un endroit désolé. Pourtant, j’ai essayé de mettre en pratique ce que les étudiants du lycée Hibiya m’avaient appris, et j’ai décidé d’introduire le kan-geiko dans le club de kendo de l’université. Comme il n’y avait pas beaucoup d’élèves, il n’y avait que 3 à 5 personnes dans le rôle de motodachi. Après 5 années, le nombre de motodachi avait atteint des nombres à deux chiffres, et alors que le nombre d’étudiants grandissait, il en était de même pour le nombre de participants hors-étudiants qui rejoignaient le kan-geiko. Les samedis et les jours de congés, nous avons aujourd’hui environ 150 motodachi et 300 kakarite (attaquants) qui participent. Le succès du kan-geiko dépend des motodachi. L’âge de ceux-ci est varié, et la façon de recevoir les attaques des kakarite diffère d’une personne à l’autre. Avec les motodachis exerçant toute leurs énergie et leur force, le contenu de l’entraînement des kakarite change grandement. C’est la chose intéressante dans le kan-geiko.

Le programme du kan-geiko commence par un réveil à 4:30 du matin. A 5:20, tout le monde, de l’élève d’école primaire aux grand-pères courent autour du dojo au chant du « wasshoi, wasshoi ! ». Cela indique le début de l’entraînement pour la journée. Après cela, le kirikaeshi est pratiqué pendant 40 minutes. Il y a plus de karakite que de motodachi, donc c’est similaire à un entraînement à intervalle. Suivant le motodachi, il est possible que le kakarite pratique 300 ou 400 men sur un seul passage. Après le kirikaeshi, les kakarite pratiquent l’uchikomi et le karaki-geiko (pratique de l’attaque). C’est un entraînement rigoureux. Le motodachi esquive, contre-attache, bloque, et se heurte à l’attaquant pendant 40 minutes. Cette partie est suivie par 40 minutes supplémentaires de gokaku-geiko (combat). La session du matin dure ainsi 2 heures. Dans l’après-midi, nous commençons par relâcher le corps par des étirements, puis nous pratiquons le suburi, et le zazen pendant 40 minutes. Après cela, nous avons 1 heure de ji-geiko.

Le kan-geiko dure 15 journées avec ce même planning quotidien. Le succès du kan-geiko dépend des motodachi. Certains ne sont pas très bons dans ce rôle, alors que d’autres sont « chaleureux ». Même les enfants préfèrent s’aligner pour un motodachi qui va les mettre à l’épreuve et les faire travailler dur plutôt qu’un motodachi qui leur permet d’attaquer facilement et qui se dérobent devant eux. Les étudiants de plus haut niveau enseignent aux motodachi à bien se mouvoir dans ce rôle par leurs attaques fortes et rapides.

« Stimuler les instincts et les diriger dans une direction plus rationnelle » est le prémisse sous-jacent de la pédagogie dans le budo. Je pense qu’il est important de respecter les aspects éducatifs du kendo dans lesquels enseigner à quelqu’un implique d’abord le « déni » qui par la suite devient « affirmation ».

Deux choses merveilleuses se sont produites lors du kan-geiko cette année. Tout d’abord, il y a eu beaucoup d’élève d’école primaire qui se sont levés à 3:00 du matin chaque jour pendant deux semaines pour venir s’entraîner. Ils étaient accompagnés par vingt ou trente mères, pères et grand-parents qui sont venus regarder. Au fur et à mesure, certains des grand-parents nous ont rejoint pour s’échauffer et courir autour du dojo. La seconde chose plaisante fut la participation de kenshis venus d’Italie et de Corée, ainsi que 6 pratiquants venant du sud de la France.

Apparemment en France, le style de vie idéal pour les personnes âgées de plus de 50 ans est une vie calme, faite de promenade et de lecture de livres. Quand je suis venu enseigner lors d’un séminaire en France quelques années auparavant, il y avait quelques instructeurs français dans leur cinquantaine qui s’entraînaient avec l’équipe nationale. Alors que les plus jeunes les délaissaient, ils paraissaient découragés. Ayant vu cela, j’ai voulu leur remonter le moral en disant « le kendo commence réellement après 50 ans. C’est très important ! ». Les mots « shōgai kendō » (kendo sur toute une vie) et “sansedai kyōshū kyōdō” (trois générations apprenant et enseignant ensemble) ont exprimé mon désir de les voir continuer à pratiquer le kendo, au lieu de juste se contenter de promenades et de lecture.

Cette année, trois des visiteurs originaires de France étaient dans leur cinquantaine, et ils sont venus pour en apprendre plus sur ces concepts au travers du défi rigoureux du kan-geiko. L’équilibre à trouver entre les aspects culturel et compétitif dans le sport moderne est problématique pour tous les arts du budo.

La victoire sportive est décidée par les points et les décisions externes. Dans le cas du kendo, la victoire est décidée par le jugement des arbitres qui représentent le degré de difficulté le plus élevé dans les sports puisque l’arbitre doit prendre une décision instantanée pour décider de la victoire ou de la défait parmi un grand nombre d’actions. Je pense que le monde du kendo doit se promouvoir en tant que sport mineur fier, soulignant ses attributs culturels uniques. Le kan-geiko est une représentation formidable de la profondeur de la culture du kendo, et nous aide à comprendre les bénéfices de participer à ce type d’activité à l’époque moderne.

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Nippon Kendo Kata – Réflexions sur l’enseignement

Nippon Kendo Kata – Réflexions sur l’enseignement

Professeur SAKUDO Masao
(Osaka University of Health and Sport Science)

Introduction
Quand il a été décidé que l’enseignement du kendō ( et du budō) deviendrait obligatoire au lycée, les experts étaient assez étonnés de voir qu’il y avait autant de problèmes complexes à résoudre.
Il y a quelques temps, lors de l’Assemblée Générale de la Fédération scolaire de Kendo (Gakkō Kendō Renmei), il a été déterminé que le Chūtairen (Association Athlétique Lycéenne) devrait prendre un rôle de premier plan en ce qui concerne le kendō au niveau scolaire à travers le pays. Le Ministère de l’Education, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie (MEXT) dirigerait de manière officielle, mais la Fédération scolaire serait en charge de la promotion au niveau des écoles. En d’autres termes, la réalité est que ce sont les fédérations régionales de kendō qui sont en charge de fournir les moyens humains et financiers nécessaires pour permettre la réalisation des objectifs éducatifs.

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